Récolte et préparation des plantes

Beaucoup de nos affections peuvent êtres soignées, non par une seule, mais par plusieurs plantes. Ces plantes sont, le plus souvent, fort communes. On peut découvrir, près de chez-soi, beaucoup de plantes médicinales dont certaines utiles au traitement de telle ou telle affection.

Herboriser est une distraction saine

L’exercice que l’herborisation procure est un traitement préventif de nombreux malaises. La récolte des plantes médicinales se fait par temps sec, ce qui facilite leur dessiccation ultérieure.

Cueillie avec précaution et modération, surtout si elle semble rare là où l’on se trouve, la plante doit être soigneusement débarrassée des éléments étrangers : autres végétaux, insectes, terre,etc. On transporte la récolte en brassées ou dans des sacs assez grands pour qu’elles reste entière et assez aérée. La plante doit être prise en état de fraîcheur. Si elle est plus ou moins flétrie, ou desséchée, on la néglige.

La racine, plus particulièrement, doit être nettoyée. Il faut l’entreposer très propre, boue détachée.

On fera sécher les plantes, étalées, le plus rapidement possible, en un endroit sec et aéré, à l’ombre, mais à la chaleur solaire ou artificielle. On peut les suspendre, en les espaçant bien, à une ficelle. La rapidité du séchage est importante, pour éviter que les principes actifs soient détruits par les microbres, qui entrainent la fermentation de la plante morte et humide.
En ce cas, l’évaportation de l’eau stoppera ces phénomènes intempestifs.

Contrairement à une opinion assez répandue, les plantes médicinales conservent leur efficacité si, au lieu d’être récoltées à l’état sauvage, elle sont cultivées.

On peut donc créer son propre jardin médicinal, en le peuplant de végétaux convenant au sol et au climat. Il faut que les plantes se trouvent dans des conditions proches de celles qu’elles connaissent à l’état naturel.

Les facteurs climatiques jouent un rôle important. Ils influent sur la plante dont la teneur en éléments actifs dépend aussi de l’état atmosphérique. Si on veut cultiver telle ou telle plante, on a intérêt à faire analuser le sol. Il faut connaitre son taux en calcaire (pH) : le calcaire nuit, plus ou moins, à la Digitale, à la Fougère aigle, à la Bruyère, etc.

On devra savoir employer les engrais selon ce que l’on cultive. En activant le développement végétatif des plantes, ils les rendent parfois plus pauvres en principes actifs. L’utilisation des engrais sera donc limitée.

L’exposition à la lumière solaire a, également son importante, et tout dépend de la plante qu’on veut cultiver.

Éviter le soleil pour une plante de sous-bois, le rechercher pour une plante de pelouse ! Enfin, comme pour les autres cultures, on doit souvent entourer la plante médicinale de divers soins. Le sarclage, par exemple, doit être assidu, car les mauvaises herbes risquent d’envahir la plantation et de gêner la récolte. Le repiquage est indispensable pour les plantes obtenues par semis (Angélique, Bouillon blanc, Valériane, Jusquiame, etc.) La taille peut s’avérer nécessaire, dans certains cas.

La date de récolte est fonction de la plante

Elle sera indiquée pour chacune. Dans la plupart des cas, les racines ou rhizomes se récoltent soit au printemps, quand les feuilles apparaissent, soit surtout à l’arrière-saison quand, au contraire, la partie aérienne est flétrie. Lorsque les plantes sont bisannuelles (Persil, Bardane, Angélique), on récolte à la fin de la première année.
On attendra deux, ou même trois ans pour d’autres végétaux comme Aunée, Bistorte, Saponaire, etc.

Les bulbes se récoltent à l’automne, quand les semences sont mûres et la partie aérienne flétrie.

On récolte en général, les feuilles (Menthe poivrée) juste avant la floraison, et les sommités fleuries pendant celle-ci
Les fleurs sont souvent à recueillir avant l’épanouissement total, de même que les capitules de Composées (Bleuets), tandis que les semences sont récoltées à leur pleine maturité. Ces indications sont valables pour les plantes sauvages et celles cultivées.

Les formes d’administration

En phytothérapie, on utilise un seul élément de la plante, ou bien les sommités comportant tiges, feuilles et fleurs. Parfois, on peut mêler des parties souterraines et des feuilles. Il y a trois modes simples d’utilisation des plantes séchées.

L’infusion

Verser de l’eau bouillante sur la partie de la plante utilisée (ou jeter cette partie dans l’eau bouillante), laisser en contact pendant 5 à 10 minutes, puis filtrer. Le liquide obtenu est”infusé”.

La décoction

Mettre sur le feu l’eau froide et la plante. Porter à ébullition, laisser bouillir pendant quelques minutes. Filtrer avant emploi, le liquide est “décocté”.

La macération

Laisser la plante pendant plusieurs heures, jours ou semaines, dans un liquide froid, vin ou alcool, en général. Filtrer avant utilisation. On obtient un macérat. Il sera fait parfois allusion à d’autres préparations, plus complexes (teinture, alcoolature, extrait) où les principes actifs de la plante sont plus concentrés. On pourra se les procurer en pharmacie, il est difficile de les obtenir soi-même, les deux derniers surtout.