La santé nature

C’est aux environs du troisième millénaire avant notre ère et sans doute bien avant, que les hommes devenus agriculteurs se sont préoccupés des ressources thérapeutiques que la végétation naturelle pouvait leur offrir. Ce fut très certainement une époque riche en expériences de touts sortes.

Nous en avons la preuve dans des livres chinois qui datent de ce temps. Ils indiquent déjà un nombre considérable de plantes, en mentionnant leurs vertus. Alors s’est constitué un fonds de connaissances, transmises par la tradition orale, dont nous sommes les lointains héritiers et bénéficiaires.

Les botanistes phytothérapeutes grecs, comme Dioscoride, ont repris en partie ce qu’ils avaient déjà appris d’initiés, dont la science venait de l’Orient. Les noms employés pour certaines plantes sont d’origine indienne, sémitique, ou s’apparentent à des idiomes plus lointains encore. L’étude directe et la figuration des plantes prospéraient dans l’antiquité.

Les magnifiques illustrations de Krateuas, dont quelques copies sont parvenues jusqu’à nous dans le Codex Aniciae Julianae, célèbre manuscrit du VIe siècle, le montrent.

Nos ancêtres avaient essayé bien des traitements.

Leurs résultats étaient plus ou moins heureux. A cette tradition se sont superposés des préjugés, des doctrines, aussi absurdes qu’ils étaient rationnels. Il en résulta un encombrement de la pharmacopée par des recettes innombrables, complexes et inefficaces. Jusqu’à une époque récente, seuls prévalurent les remèdes d’origine végétale. Ils augmentèrent de façon spectaculaire avec l’introduction du Quinquina, au XVII siècle. Ils ont été, de nos jours, supplantés par des remèdes chimiques. Beaucoup de ceux-ci sont extraits des plantes, et simplement purifiés, comme les hétérosides des Digitales. Ce sont des substances présentes dans les plantes, mais plus faciles à synthétiser chimiquement. Même pour des molécules importantes, dont le règne végétal est dépourvu, telles la cortisone ou les hormones sexuelles, il peut fournir à l’industrie, des produits voisins. De nombreuses spécialités de l’industrie pharmaceutique sont encore constituées de produits végétaux.

Pharmacopée “chimique” et pharmacopée “naturelle”

Ils sont complémentaires et indissolublement liées. Les plantes qui nous entourent recèlent des substances actives des médicaments chimiques. Des associations de produits présent dans une plante, réalisent une synergie difficile à reconstituer par le mélange de substances définies : la composition chimique des plantes est loin d’être complètement connue.

Ce blog veut donner à l’amateur le moyen de connaître, de récolter, de préparer et d’utiliser les plantes avec lesquelles il peut se soigner.

Elles sont nombreuses, leur cueillette est un plaisir, leur usage en est souvent un autre. Si elles traitent plus qu’elles guérissent, elles demeurent un appoint appréciable aux autres traitements.

Seules ont été prises ici en considération, les plantes indigènes ou communément cultivées en Belgique. Un certain nombre de végétaux ont été aussi décrits. On pourra se les procurer en pharmacie ou en herboristerie.

La plupart des plantes sont inoffensives. Il en est, parmi les plus efficaces (Digitales ou Belladone) qui sont toxiques. Il faut donc être prudent, savoir reconnaitre ces dernières, et s’abstenir d’employer celles dont l’identité est douteuse. Contentons-nous d’utiliser les plantes que nous connaissons bien.

Une “médecine” domestique mal comprise peut être dangereuse

L’utilisation thérapeutique des plantes est d’intérêt incontestable, mais elle doit suivre un diagnostique sérieux. Il serait fou d’appliquer des traitements végétaux à des troubles traduisant un mal méconnu et redoutable, justiciable d’une thérapeutique tout autre, et qui poursuivrait alors sa progression jusqu’à devenir incurable.
Ce blog est destiné à aider les malades qui ont pris l’avis de leur médecin, seul capable de prescrire.